Le management interculturel : un domaine sous-estimé

Alors que la mondialisation s'étend au sein de certaines entreprises, la main-d'œuvre est devenue de plus en plus diversifiée, nécessitant un besoin de management interculturel.

Ce phénomène s’explique par le contexte économique mondial : nous sommes constamment en mouvement, les investissements se négocient à un rythme sans précédent dans l’histoire et les échanges ne cessent de croître. En effet, la culture n’est pas seulement liée à un lieu de naissance. 

Étant donné que même les PME (Petites et Moyennes Entreprises) peuvent opérer dans le monde entier, les entreprises doivent désormais, plus que jamais, intégrer les différentes cultures et valeurs qu’elles rencontrent à travers leurs activités dans leurs stratégies d’entreprise.

Mais à quoi fait référence le management interculturel ? Il peut être décrit comme un style de management intégrant les différences culturelles en les transformant en un atout puissant pour accroître la performance des entreprises.

Dans cet article, nous allons essayer d’expliquer pourquoi le CCM est important dans le contexte commercial actuel et comment les managers peuvent agir comme facilitateurs en acceptant les différences culturelles. Ensuite, nous essaierons de comprendre pourquoi ce sujet, qui semble pertinent au regard du contexte économique mondial actuel est sous-estimé.

Businesswoman Addressing Multi-Cultural Office Staff Meeting
Le management interculturel
Pourquoi les compétences interculturelles sont-elles essentielles pour votre entreprise et sa pérennité à long terme ?

Premièrement, et comme expliqué dans l’introduction, l’émergence du CCM est une conséquence naturelle apportées à la fois par la mondialisation, les progrès technologiques, la concurrence entre le nombre croissant d’entreprises internationales et la libre circulation des personnes, des biens et des capitaux. 

En conséquence, les gens peuvent rencontrer des difficultés à s’adapter et à se comporter lorsqu’ils rencontrent une culture inconnue. Les entreprises doivent comprendre comment communiquer avec des employés et des clients de cultures différentes afin de remplir au mieux les missions de l’organisation et de créer des valeurs pour les parties prenantes.

Bien souvent, les entreprises ont une idée fausse lorsqu’elles font référence au CCM. Elles y voient un problème directement lié à la race ou au sexe. En fait, non seulement les entreprises, mais aussi les gens supposent que la « diversité sur le lieu de travail » n’est qu’une question de race ou de sexe. 

Cependant, la « diversité » peut également être liée à la culture, au patrimoine, à l’âge, à l’éducation, à l’expérience ou encore à la langue et aux traditions. Grâce à l’ère actuelle de la numérisation, cette « diversité » fait de plus en plus partie de notre environnement. 

Comme les entreprises sont en mesure d’échanger leurs capitaux et leurs ressources de manière rentable, elles doivent encore s’adapter à la complexité de cadres politiques, économiques et culturels spécifiques. En d’autres termes, un nombre croissant d’entreprises devront composer avec des gouvernements étrangers ou des spécificités de la main-d’œuvre locale (traditions, habitudes de travail, langage corporel, etc.) afin d’assurer un environnement propice aux affaires.

De plus, comme leurs employés travailleront avec des personnes de cultures différentes, les entreprises devront tirer parti des compétences uniques de chaque employé et créer de la cohésion. 

La nécessité d’intégrer le CCM dans une stratégie d’entreprise est fondamentale car, encore une fois, c’est une idée fausse qu’il n’y a pas de lien entre les activités commerciales et la culture : toute personne qui vient d’horizons culturels différents et qui a grandi dans des environnements différents avec un ensemble différent d’expériences, nécessiteront des compétences « interculturelles » pour améliorer la coopération.

Wooden toy Blocks with the text: culture
Culture
Management interculturel et le rôle du managers

La question qui se pose aujourd’hui est la suivante : qui devrait être en charge de ce changement d’état d’esprit et d’habitudes de travail ? Il est évident que les managers seront directement concernés par ce changement de conception, et devront donc rendre les cultures compréhensibles pour leurs collaborateurs. 

De plus, les managers doivent les présenter comme un nouvel ensemble d’outils qui guideront les groupes vers de nouvelles réponses qui peuvent devenir de nouvelles opportunités pour les entreprises.

De nos jours, les leaders qui réussissent ne sont plus liés uniquement à des compétences techniques approfondies et à des expériences professionnelles. Les managers doivent opérer dans un contexte de plus en plus global et interculturel qui ne nécessite plus seulement un comportement de leadership tels que fixer des objectifs, fournir des résultats, renforcer les capacités (développement des connaissances, compétences en gestion, etc.) et inspirer les autres.

Afin de créer un environnement de travail durable pour les équipes interculturelles, les managers doivent montrer la voie. Ils devront savoir combiner les différentes valeurs culturelles présentes au sein de leur organisation : les leurs, celles de leurs subordonnés et celles de leurs clients.

Le véritable objectif est de développer une sensibilité culturelle au sein d’une entreprise, par exemple en proposant des outils en ligne tels que des vidéos ou des podcasts. En effet, ces outils peuvent aider les employés à saisir les différences culturelles et à développer des stratégies pour prévenir des éventuels problèmes.

Ils doivent également communiquer pour favoriser la socialisation de leurs collaborateurs. Cela implique que les managers doivent intervenir pour faciliter l’adaptation de leurs salariés aux cultures environnantes. 

Il existe plusieurs façons d’encourager et d’inspirer les gens à découvrir d’autres cultures, comme apprendre de nouvelles langues, essayer de nouveaux aliments et interagir avec des personnes d’horizons différents. Les entreprises peuvent également publier et diffuser des informations sur la manière dont les affaires sont menées dans différents pays ; afin que, lorsque les collaborateurs voyagent, ils sachent comment se comporter. 

En fait, les expressions faciales et les gestes peuvent avoir des significations différentes selon la culture. L’anticipation de ce type de comportements culturels peut créer une différence lors, par exemple, d’un processus de négociation. En résumé, le besoin de CCM est primordial pour toute entreprise souhaitant opérer à l’étranger.

Mais pourquoi ce domaine d'expertise est-il sous-estimé et donc exclu de la stratégie d'entreprise de la plupart des entreprises ?

Pour commencer, cette discipline récente attire peu de monde, malgré son importance grandissante dans le monde économique. Chacun est convaincu qu’il peut utiliser son bon sens pour résoudre les malentendus qui peuvent survenir. 

Malheureusement, le bon sens est bien souvent insuffisant. Il faut tenir compte du temps, de l’espace, de l’autorité et de l’impact du contexte. L’enseignement supérieur s’intéresse peu à peu au sujet et différentes institutions mettent en place des modules de management interculturel. 

L’idée est de permettre aux étudiants d’appréhender les différences culturelles et les outils de communication nécessaires afin de développer des comportements qui assureront productivité et efficacité au sein d’équipes multiculturelles.

Cependant, une autre explication peut être donnée. La plupart des recherches et pratiques interculturelles sont souvent le reflet des pays occidentaux. Les livres sur la gestion interculturelle ont tendance à favoriser implicitement les perspectives et les opinions occidentales. 

Cela renforce les inégalités entre pays développés et pays en développement (en termes de développement des connaissances) qui peuvent contribuer à l’impérialisme occidental. Ces accusations sont très graves pour une discipline qui prône la compréhension mutuelle, le respect des différences et la non-imposition de points de vue ethnocentriques.

Conclusion

Pour résumer et comme le montre cet article, cette discipline n’en est qu’au début de son développement. Les experts actuels se limitent à fournir une grille d’analyse pour identifier les différences culturelles, mais ne proposent pas de méthodes pour transformer l’interculturalité en une source viable de performance des entreprises. 

En d’autres termes, il semble que seule une certaine gamme de perspectives ait été prise en considération, ce qui est maintenant considéré par certains auteurs comme une limite au développement de ce champ d’expertise.

Cependant, dans un monde où les flux de capital humain et d’investissement sont ininterrompus, l’intégration de cette discipline au sein d’une stratégie d’entreprise sera incontournable et, plus important encore, il s’agit d’une source de performance pour une organisation.

Quelle peut être la prochaine étape pour CCM ?

Malheureusement, le CCM implique une formation constante dans le temps alors que les cultures sont dynamiques, fluides et changeantes. Cependant, « l’agilité culturelle » peut être une solution et peut être décrite comme la compétence qui permet aux professionnels de réussir dans des situations interculturelles. 

Les professionnels culturellement agiles réussissent dans des contextes où le succès de leurs emplois, rôles, postes ou tâches dépend de la gestion d’un ensemble inconnu de normes culturelles. Au lieu de préparer les employés à accepter/comprendre une culture spécifique différente, les entreprises peuvent développer l’agilité culturelle des employés afin de les rendre mieux équipés pour gérer tout contexte culturel auquel ils seront confrontés.

Aref Lameche

Training & change management specialist

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